Mediation Artistique

Mediation Artistique

Thursday, 15 January 2015


 Debord : La société du Spectacle       


La Société du spectacle est un essai de Guy Debord publié initialement le 14 novembre 1967 chez Buchet/Chastel. Le livre connut un retentissement considérable après les événements de Mai 68.
Le livre est agencé comme un essai politique et vise à exposer son sujet de manière assertive. En effet, Debord ne cherche pas à démontrer ni même à convaincre, mais à montrer. Il rejoint ainsi la conception de Marx en disant que la philosophie doit trouver sa réalisation et non plus sa discussion1. L'auteur prolonge dans cet essai la critique du fétichisme de la marchandiseque Marx développe en 1867 dans Le Capital, elle-même un prolongement de la théorie de l'aliénation exposée par Marx dans ses Manuscrits de 1844. L'originalité de la réflexion de Debord consiste à décrire l'avance contemporaine du capitalisme sur la vie de tous les jours, c'est-à-dire dans son emprise sur le monde à travers la marchandise. Cette filiation s'exprime par un certain nombre de « clins d'œil » ou de reprises, dont la première phrase du livre est l'annonce. En effet, la phrase d'ouverture de la Société du Spectacle est un « détournement » de la phrase d'ouverture du Capital de Karl Marx :
« La richesse des sociétés dans lesquelles règne le mode de production capitaliste s'annonce comme une "immense accumulation de marchandises". » (première phrase dans le livre de Marx)
« Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s'annonce comme une immense accumulation de spectacles. » (première phrase de La Société du Spectacle)
*On lit ici et là de plus en plus de papiers conspirationnistes, d’auteurs dénonçant la mainmise des politiques sur les médias, la version “officielle” du 11 septembre, la désinformation sur le conflit irakien, le nucléaire iranien, … Le monde paraît manipulé, mis au secret, masqué des yeux du public, bref l’objet d’un complot permanent. Il est nécessaire de retracer la généalogie intellectuelle de cette pensée, à travers l’auteur majeur du situationnisme, Guy Debord et son ouvrage La Société du Spectacle.

La théorie du complot, ou l’essence de la politique chez Guy Debord

Qu’est-ce que le spectacle chez Debord ?
Dans La Société du spectacle, et plus encore dans ses Commentaires sur la société du spectacleDebord critique la démocratie et ses fondements.
Dans le texte de 1967, Debord ne distinguait que deux formes du spectaculaire, l’une diffuse (dont le modèle était la société américaine, dans laquelle le modèle du citoyen-consommateur dominait) et l’autre concentrée (représentée par les régimes dictatoriaux reposant sur le culte du chef). En 1988, le penseur situationniste ajoutait un troisième type : le spectaculaire     « intégré », synthèse des deux premiers. Ce dernier, en sus d’être apparu le plus récemment selon lui, est transversal à tous les régimes politiques, mais acquiert une force particulièrement grande dans les démocraties spectaculaires, et se caractérise par cinq traits :
« le renouvellement technologique incessant ; la fusion étatico-économique ; le secret généralisé ; le faux sans réplique ; un présent perpétuel ».
Et Debord d’ajouter plus loin :
« Le secret généralisé se tient derrière le spectacle, comme le complément décisif de ce qu’il montre et, si l’on descend au fond des choses, comme sa plus importante opération. » ; « Notre société est bâtie sur le secret, depuis les ”sociétés-écrans” qui mettent à l’abri de toute lumière les biens concentrés des possédants jusqu’au ”secret-défense” qui couvre aujourd’hui un immense domaine de pleine liberté extrajudiciaire de l’Etat » .
On le voit ici, le secret couvre le champ tant économique que politique. Il convient ainsi de déterminer en quoi le secret est au coeur du spectacle, et quelle est précisément sa fonction : en quoi est-il sa « plus importante opération » ? Le secret, comme technique de gouvernement, apparaît comme la clé de voûte du système spectaculaire, en ce qu’il permet de masquer le spectacle, autrement dit la domination, au public. Il est ainsi vital à l’exercice de la domination. Mieux, le secret est le mode de production de la domination. Car sans lui, cette dernière, apparaissant au grand jour, deviendrait, dans sa nudité et son obscénité, insupportable et donc fragile. C’est pourquoi Debord fustige ceux qui organisent le secret, ses agents, à savoir les services secrets, les experts, les médias et les sociétés secrètes.

Le rôle des services secrets

Les services secrets, sous couvert de protéger une société de ses ennemis, constitueraient en fait un réseau d’espionnage des citoyens, visant à surveiller et à contrôler toute découverte de ces derniers de la véritable nature de la société spectaculaire, bref pour étouffer toute tentative de renversement du pouvoir. Ils symbolisent l’arbitraire du pouvoir, leurs actions injustes, assassinats, enlèvements, pressions, restant à jamais dans l’ombre. La condamnation de l’impunité dont jouissent ses agents est renforcée par la détention d’informations capitales, qui assoit leur pouvoir : ils convertissent leur savoir en un pouvoir qu’ils exercent sur toute la société.

Les experts

Les experts participent, quant à eux, de la même dynamique. Ils ont pour rôle de falsifier le passé (réalisant la « mise hors la loi de l’histoire » ), organisant l’amnésie collective de la société, le présent (avançant « des récits invérifiables, des statistiques incontrôlables, des explications invraisemblables et des raisonnements intenables ») et le futur, la mise à distance du monde et l’impossibilité de bâtir un projet réformateur, bref la déréalisation du monde, le devenir-falsification du monde.

Les médias

Les médias renforcent les effets du spectaculaire en rendant futile et stérile tous les débats, fondés uniquement sur le divertissement. Assujettis au pouvoir, ils constituent, pour Debord, les meilleurs propagandistes de la société du spectacle, maintenant, via la pratique de la rumeur et de la désinformation, les individus dans l’ignorance.

Les sociétés secrètes

Enfin, les sociétés secrètes, quatrième « institution » de la société spectaculaire, concourt à la prolifération du secret. Elle naît sur le sol même du spectacle, complice, et non rival, de l’Etat. L’alliance de la Mafia et du spectaculaire intégré consiste, nous dit Debord, à déposséder, comme cela a été le cas lors de la prohibition aux Etats-Unis, le public de toute autonomie. Ils participent de la même conspiration contre les citoyens. Debord érige la Mafia, société secrète criminelle, en unique modèle de société secrète.

Secret et démocratie

Par conséquent, le secret existerait avant tout comme secret de la domination. Debord nous présente l’image d’une société divisée en deux camps, les manipulateurs et les manipulés, les uns complotant contre les autres. Cette théorie du complot généralisé, d’ascendance marxienne, ne traduit-elle pas une conception paranoïaque du pouvoir et de ses soi-disant affidés ? Faire du secret, la source de production et de conservation de la domination ne donne-t-elle pas une vision manichéenne de la société ? Le sujet, chez Debord, est réduit à la passivité, ingérant sans discernement ce qu’on lui présente. Or, même en admettant que le secret est omniprésent, ne peut-on pas « miser » sur la capacité critique des citoyens à faire montre de méfiance ?


Les  Nouveaux Chiens De Garde





Introduction et chapitre 1 


    "Nous somme là pour donner une image lisse du monde" P. POIVRE D'ARVOR. Les journalistes donnent donc "une image lisse du monde" mais dans le même temps, ils servent aussi les intérêts d'une certaine classe sociale, celle des politiciens. Le journaliste ne peut donc pas se proclamer "contre-pouvoir" puisqu'il travaille directement avec les politiciens. C'est pourquoi Serge HALIMI publia en 1997 un livre intitulé LES NOUVEAUX CHIENS DE GARDE en s'inspirant de l'œuvre de PAUL NIZAN ( écrivain de l'entre deux guerres ) LES CHIENS DE GARDE ( pamphlet contre les philosophes académiques sous la Troisième République ). Dans cet essai, il dénonçait de façon détournée le pouvoir qu'exerçait le gouvernement sur les médias.
A travers son ouvrage, HALIMI explique dans quelles mesures l'indépendance du journalisme n'est qu'une légende. Il n'obtient une certaine liberté qu' à partir du moment où "les intérêts du patron coïncident avec ceux de l'information".En effet, le journalisme n'est pas libre de ses choix ; il doit répondre aux désirs du public, afin de le satisfaire et de conserver un audimat assez haut et de réduire la concurrence. Ainsi, la presse n'est qu'un "produit achetable et vendable" et ayant le seul but de faire de l'argent.Mais le gouvernement lui impose aussi ses conditions de sorte qu'il n'a aucun pouvoir et donne une fausse information. On se rend donc rapidement compte de l'existence de liens étroits entre journalisme et gouvernement. Ainsi, la majorité des interviews d'hommes politiques sont préparées auparavant. Ces personnes choisissent les journalistes qui leur poseront des questions déjà sélectionnées et étudiées au préalable. Les journalistes deviennent des "courtisans et ne font plus leur métier". De plus, lors de ces interviews mais aussi dans les journaux, les médias prennent distinctement parti, et influencent les décisions des citoyens. C'est ainsi que laissant un temps de parole plus important aux hommes politiques en faveur de Maastricht, le traité a été accepté. Dominique STRAUSS-KAHN avait annoncé une baisse des taux d'intérêts si le traité était accepté, or, après l'acceptation du traité, les taux d'intérêts ont augmenté ; l'opinion publique a une fois de plus été manipulée par les hommes politiques grâce à l'action des médias.Le journalisme n'est donc qu'un produit manipulé par les détenteurs du pouvoir.

Chapitre 2 

De nos jours , les journalistes français se proclament indépendants, insistent seulement sur leurs relations avec le pouvoir politique à la télévision . Or , Serge Halimi souligne les rapports entre la presse et certaines personnes influentes que sont les politiques et les grands actionnaires des sociétés d’information.En effet, les fusions des chaînes télévisées avec certains grands groupes industriels permettent à ces derniers de contrôler l’information sur celles-ci. Ainsi , sur TF1 les ministres les plus fréquemment invités sont les plus gros clients de Bouygues ,actionnaire principal. De plus ,TF1 est passé très rapidement sur certaines affaires mettant en cause ce dernier ,comme sa mise en examen, ou a contrario consacre parfois , de manière excessive ,trop de temps sur des sujets le mettant en valeur.Cependant , cette situation n’est pas propre à Bouygues, puisque Jean-Luc Lagardère , après un discours flatteur sur Alain Juppé, se voit offrir Thomson par l’Etat , puis est défendu par France 2 lorsqu’il est soupçonné d’affaires douteuses , à l’instar d’autres journalistes qui défendent la cause de leurs dirigeants .D’autre part , Balladur donna des responsabilités aux concurrents de Bouygues car TF1 " pesait alors beaucoup plus lourd "  en vue de la dernière élection présidentielle.Finalement, les journalistes ont pour contrainte d’affirmer ce qui arrange leurs dirigeants ,faute de quoi ils peuvent être remplacés , comme Christine Ockrent en 1994 pour avoir dévoilés des propos de M. Mitterrand au sujet de M. Chirac .In fine , les informations émises par la presse aussi bien écrite qu’audiovisuelle peuvent donc être mises en doute.


Chapitre 3 :


Les journalistes entretiennent des liens ‚étroits avec les hommes politiques alors que, dans le même temps, ils touchent des salaires astronomiques. Les médias font leur métier avec oisiveté et souvent sans compétences.Il en découle de nombreux plagiats, des sujets non traités et des non sujets sur-traités ; si bien que la programmation est sacrifiée au profit de l'audimat.Les liens étroits avec les hommes politiques se caractérisent par des questions complaisantes qui ne mettront jamais l'homme politique en danger.Ainsi, les journalistes forment ce que l'on appelle la pensée unique : "ce n'est pas la pensée qui est unique, c'est la réalité qui l'est devenue". Ils ne cessent de montrer ce qu'ils pensent. Rarement, depuis leur création, les médias n'auront autant servi de rampe de lancement à l'idée de la pensée unique. Ce journalisme de marché se caractérise aussi par une omniprésence de certains journalistes qui couvrent plusieurs émissions à la fois sur différents médias (journaux, radios et télévisions). Ces journalistes sont sans cesse flattés par des seconds couteaux de la politique qui veulent s'élever dans la hiérarchie. Les journalistes ont aussi une manière très différente d'interviewer un homme politique selon le parti auquel il adhère.Le journalisme de marché est la cause d'inégalités entre les journalistes : certains payés des salaires de misère, d'autres à prix d'or.Le dernier exemple flagrant de la pensée unique constitue le plan JUPPE de l'hiver 1995 : les journalistes se faisaient les chantres de ce plan allant jusqu'à faire de la propagande mais la réaction du grand public fut toute autre puisque les contestations entrainèrent la chute du Premier Ministre.En guise de conclusion, les journalistes pensent qu'ils relatent avec obstination la réalité mais ils aimeraient en plus qu'on acclame leur "courage" à faire preuve de réalisme.


Chapitre 4 

 Lorsque l’on parle de journalisme français, on en revient toujours aux mêmes trente personnes qui se partagent le pouvoir de l’information et qui sont passées à travers les changements politiques. Entre elles il n’y a point de concurrence, seulement de la complicité par complaisance ou tolérance, des accords tacites. En effet, elles sont d’accord sur tout et se côtoient tout le temps. " Beaucoup savent que leur puissance, comme d’ailleurs leur notoriété, n’a pas de légitimité. Elle n’est due qu’à la fréquence de leurs apparitions ; pas à leur travail ni à leurs connaissances ni à leur savoir-faire", dixit Philippe MEYER.
Ils travaillent tous les uns pour les autres et les uns avec les autres. Comme par exemple quand Serge JULY et Christine OCKRENT célèbrent les mérites d’un auteur inconnu qui n’est autre qu’un journaliste.Ils se fondent dans la tendance de l’époque afin de conserver leurs privilèges qui leurs sont interdits de révéler. Parmi eux, on compte la publicité personnelle pour une œuvre écrite ou filmée, grâce à cette confraternité. C’est le cas de Bernard-Henri LEVY pour ses films Bosna ! et Le jour et la nuit.Quand ces actes sont dénoncés, ce ne sont pas les fauteurs mais les dénonciateurs qui sont punis.Dans d’autres cas, c’est le contraire qui se produit. Certains journalistes se servent de leurs publications afin de se venger d’un autre journaliste.Dans les émissions, les commentaires ne sont pas objectifs. Les amis sont toujours bien jugés et les adversaires automatiquement descendus.


Conclusion 


" Des médias de plus en plus présents, des journalistes de plus en plus dociles, une information de plus en plus médiocre ". C’est le bilan irréversible du journalisme français. Seule la vie sociale résiste à l’écran, c’est elle qui nous informe.
Le journalisme n’est plus qu’une forme de propagande car les vrais débats y tiennent de moins en moins de place. La lucidité est devenue la seule forme de résistance.

Wednesday, 10 December 2014



ÉDUCATION & MÉDIAS " 

Radio, télévision, services à la demande : nous vivons quotidiennement avec les médias audiovisuels, dans la sphère privée comme dans l'espace public. Mais les connaissons-nous pour autant ? En avons-nous un usage avisé ? Sommes-nous également conscients de leur rôle dans la construction de notre culture et la transmission des savoirs ?











Médias # Médiatisation



Qu’est-ce qu’un média 

    • Selon Francis BALLE
    Un média est un équipement technique permettant aux hommes de communiquer l’expression de leur pensée, quelles que soient la forme et la finalité de cette expression.
    BALLE (Francis), Médias et sociétés, Paris, Montchréstien, 1990
    • Selon Claire BELISLE
    • Média : terme désignant habituellement les supports de diffusion massive de l’information et correspondant ici aux technologies modernes de l’information et de la communication en tant qu’elles transforment les différents processus cognitifs dans le rapport à l’information : accès, compréhension et interaction.
      Médiation-médiatisation : C’est Vygotsky qui dans les années 20 va donner une place centrale à la médiation dans une approche psychosociologique des processus mentaux. Selon lui, la médiation par des outils socioculturels, dont le principal est le langage, change fondamentalement les opérations de pensée qui y sont liées et qui s’appellent aujourd’hui raisonnement, résolution de problèmes, mémoire, attention. (approche médiationnelle).
      La médiation qui est au cœur de la pratique médiatique est une médiation technologique et sera appelée “médiatisation“ pour la distinguer aussi de cette autre médiation qu’est l’intervention d’une tierce personne pour régler un conflit ou faciliter la communication.
      Un média est un dispositif technique mettant en œuvre un système symbolique de représentation, les médias se différenciant par les systèmes symboliques ou systèmes de signes, par lesquels ils représentent leur contenu.
      Multimédia : terme de plus en plus utilisé, désigne l’expérience multimodale spécifique à laquelle les médias donnent lieu. Les médias interactifs sont des médias électroniques capables de réactivité immédiate aux commandes de l’utilisateur.
      BELISLE (Claire), Pratiques médiatiques, CNRS éditions, 1999
      • Selon l’Encyclopédie Hachette
    Média : n. masc. [plur. médias ] (de mass media ). Tout support de diffusion et de transmission de l’information (radio, télévision, journaux, affiches, ordinateur, etc.) constituant à la fois un moyen d’expression et un intermédiaire transmettant un message à l’intention d’un groupe. Nouveaux médias, ceux qui émanent des technologies récentes de l’informatique et des télécommunications. Plan média. Recherche d’une combinaison de procédés de transmission et de supports visant à circonscrire le plus grand nombre de consommateurs par la publicité. Médiatique adj. Relatif aux médias ; transmis par les médias : le tennis, sport médiatique ; une star médiatique. Médiatisation n. fém. Fait de passer par les médias. La médiatisation des hommes politiques. Les différents types de médias sont :
    Les médias autonomes : les livres, journaux, cassettes audio, vidéocassettes, CD-Rom, DVD… Usage selon la volonté du récepteur – Médias non raccordés directement à un réseaux
    Les médias de diffusion : de l’émetteur au récepteur : radio, TV, : par ondes hertziennes, par satellites, par câbles coaxiaux ou par fibre optique.
    Les médias de communication : qui permettent l’interactivité : téléphone, télétexte, vidéotex (Minitel ) et maintenant l’Internet.
    • Selon l’Office de la Langue Française du Québec

    • Média : Toute forme de support physique et électronique utilisée pour la diffusion de données.
    • 1. Technique massive destinée à la diffusion de l’information (presse écrite et électronique).
      (Le terme français «média» prend un accent aigu sur le «e» et un «s» au pluriel. Il équivaut à l’anglais «mass media» et s’applique à toutes les techniques massives de diffusion, indépendamment du contenu qu’elles véhiculent. En pratique, il suffit d’employer «média» dans la majorité des cas. Le déterminant «d’information» ne s’impose que pour exclure les médias à contenu artistique.)
       
      2. Production thématique à caractère multimédia, le plus souvent numérisée, utilisable telle quelle ou qui peut servir à produire un autre contenu multimédia.
      (Un contenu multimédia peut être un film, une animation, une séquence vidéo, un reportage ou une émission de radio ou de télévision.
      En français, l’utilisation du mot média, dans le sens de « contenu multimédia », est délicate, à cause de la confusion qu’il crée avec le sens générique de média, qui désigne d’abord un support constituant un moyen d’expression comme la presse ou la télévision. C’est la raison pour laquelle il est préférable de n’utiliser média que lorsque le contexte est parfaitement clair.)

      Selon Marshall McLuhan 
      Tout média est une extension d’une faculté humaine – psychique ou physique. La roue est une extension du pied. Le livre est une extension de l’œil.
      McLUHAN (Marshall), Pour comprendre les médias, Paris, Seuil, 1977, ed orig : 1964
      McLuhan et d’autres sociologues (Inis et Carpenter) développent l’idée que les médias technologiques modernes n’ont pas d’abord des effets liés à leur contenu, mais des effets culturels par leur seule présence dans la société. «Le message c’est le médium» (1967).
      La distinction empirique que McLuhan a faite entre “médias chauds“ (explicitement expressifs et ne requérant pas la participation des utilisateurs : photographie, cinéma, radio, presse écrite… ) et “médias froids“ (qui nécessitent la participation créative d’un ou de plusieurs interlocuteurs : parole, télévision, téléphone… ) n’aura pas, en revanche, beaucoup été reprise par la suite.
      • Selon Dominique WOLTON
      • Internet n’est pas un média.  Un tuyau aussi performant soit-il n’est pas un média. Un vrai média émane d’une logique de l’offre (journal, radio, TV..). Le Net est lui du côté de la demande. L’utilisateur va piocher ce qu’il veut… Ensuite, tout média repose sur une vision construite ou en tout cas préconstruite d’un public. Le Net, lui s’adresse à n’importe qui, à un «citoyen du monde», qui n’existe pas mais fait fantasmer. Enfin il n’y a pas de média sans construction de programme, sans une grille qui loin d’être une prison, est un acte ambitieux, consistant à organiser un nombre incroyable de messages en fonction d’une certaine représentation du public et de ce que l’on veut dire. Le Net là encore ne répond pas à ce critère.
        in journal «Libération» – 20 et 21 mars 1999


        http://escales.enfa.fr/ressources-du-gap-esc/image-et-communication-mediatisee/mdias-mdiatisation/ 

L'image entre art, langage et communication


Il est difficile d'aborder l'image "en général" tant les conditions techniques de production et d'usage sont différentes. Et en même temps, l'image renvoie toujours à d'autres images provenant d'autre sources, d'autres temps, d'autres cultures, d'autres techniques de représentation. La construction de notre regard est le résultat complexe de l'empilement au cours de l'histoire des formes issues des techniques variées de représentation.
 
De l'image rupestre de la préhistoire à l'image numérique d'aujourd'hui, ce sont un peu comme des strates géologiques qui viennent construire notre paysage visuel. Selon les lieux, selon les circonstances, c'est telle particularité qui prédomine ici, telle autre ailleurs, sans perdre de vue toutefois que d'autres strates, moins apparentes peut-être, structurent à leurs façons notre champ visuel.
 
L'image est un objet transdisciplinaire dont l'étude peut être abordée de multiples façons. Cette diversité d'approches est à la fois une richesse et en même temps source de malentendus et de réductionnisme. Trois grands secteurs peuvent néanmoins être évoqués lorsqu'on cherche à produire un savoir sur l'image :
 
- c'est le domaine de l'esthétique si l'on considère l'image comme un art visuel ;
 
- c'est la sémiologie, la sémio-pragmatique,.. si l'on considère l'image comme un langage ;
 
- ce sont les sciences de la communication et en particulier le fonctionnalisme et ses variantes si l'on considère l'image comme un objet de communication

D'autres secteurs scientifiques peuvent, à un niveau second ou transversal être envisagés, ce sont l'histoire, la sociologie, l'économie, la psychanalyse, etc.
 
Pour notre part, nous nous situons dans une "multiréférentialisation" de l'image. Nous postulons en effet que dans chaque image, il y a, à la fois, une dimension esthétique, une dimension langagière et une dimension communicationnelle, qui peuvent elles-même être croisées par d'autres savoirs selon la situation, le contenu, l'histoire particulière d'une image... chacune de ces dimensions pouvant être plus ou moins saillante, et tel ou tel champ théorique plus ou moins pertinent, à un moment donné, pour comprendre ou s'approprier une image.
 
La dérive principale que nous avons pu observer, et pas seulement en milieu éducatif, c'est de voir la réflexion sur l'image réduite à un seul aspect théorique, bien souvent en vogue à un moment donné, et délibérément fermée à d'autres considérations, d'autres savoirs, d'autres théories. Le pire étant lorsque cette univocité se double d'un réductionnisme simplificateur. C'est, par exemple, l'image enseignée comme un "message entre un émetteur et un récepteur" ou le plan filmique considéré comme un mot dans une séquence qui serait la phrase, ou encore l'empirisme de la composition qui voudrait qu'une image soit belle si elle satisfait à la "règle des 2/3". 


http://www.surlimage.info/ecrits/image.html