Les Nouveaux Chiens De Garde
Introduction et chapitre
1 :
"Nous
somme là pour donner une image lisse du monde" P. POIVRE D'ARVOR. Les
journalistes donnent donc "une image lisse du monde" mais dans
le même temps, ils servent aussi les intérêts d'une certaine classe sociale,
celle des politiciens. Le journaliste ne peut donc pas se proclamer
"contre-pouvoir" puisqu'il travaille directement avec les
politiciens. C'est pourquoi Serge
HALIMI publia en 1997 un
livre intitulé LES NOUVEAUX
CHIENS DE GARDE en
s'inspirant de l'œuvre de PAUL
NIZAN ( écrivain de l'entre
deux guerres ) LES CHIENS DE
GARDE ( pamphlet contre les
philosophes académiques sous la Troisième République ). Dans cet essai, il
dénonçait de façon détournée le pouvoir qu'exerçait le gouvernement sur les
médias.
A travers son ouvrage, HALIMI explique dans quelles mesures
l'indépendance du journalisme n'est qu'une légende. Il n'obtient une certaine
liberté qu' à partir du moment où "les intérêts du patron coïncident avec
ceux de l'information".En effet, le journalisme n'est
pas libre de ses choix ; il doit répondre aux désirs du public, afin de le
satisfaire et de conserver un audimat assez haut et de réduire la concurrence.
Ainsi, la presse n'est qu'un "produit achetable et vendable"
et ayant le seul but de faire de l'argent.Mais le gouvernement lui impose
aussi ses conditions de sorte qu'il n'a aucun pouvoir et donne une fausse
information. On se rend donc rapidement compte de l'existence de liens étroits
entre journalisme et gouvernement. Ainsi, la majorité des interviews d'hommes
politiques sont préparées auparavant. Ces personnes choisissent les journalistes
qui leur poseront des questions déjà sélectionnées et étudiées au préalable.
Les journalistes deviennent des "courtisans et ne font plus leur
métier". De plus, lors de ces interviews mais aussi dans les journaux, les
médias prennent distinctement parti, et influencent les décisions des citoyens.
C'est ainsi que laissant un temps de parole plus important aux hommes
politiques en faveur de Maastricht, le traité a été accepté. Dominique STRAUSS-KAHN avait annoncé une baisse des taux
d'intérêts si le traité était accepté, or, après l'acceptation du traité, les
taux d'intérêts ont augmenté ; l'opinion publique a une fois de plus été
manipulée par les hommes politiques grâce à l'action des médias.Le journalisme n'est donc qu'un
produit manipulé par les détenteurs du pouvoir.
Chapitre 2 :
De nos jours , les journalistes
français se proclament indépendants, insistent seulement sur leurs relations
avec le pouvoir politique à la télévision . Or , Serge Halimi souligne les rapports entre la presse
et certaines personnes influentes que sont les politiques et les grands
actionnaires des sociétés d’information.En effet, les fusions des chaînes
télévisées avec certains grands groupes industriels permettent à ces derniers
de contrôler l’information sur celles-ci. Ainsi , sur TF1 les ministres les
plus fréquemment invités sont les plus gros clients de Bouygues ,actionnaire principal. De plus ,TF1
est passé très rapidement sur certaines affaires mettant en cause ce dernier
,comme sa mise en examen, ou a contrario consacre parfois , de manière
excessive ,trop de temps sur des sujets le mettant en valeur.Cependant , cette situation n’est
pas propre à Bouygues,
puisque Jean-Luc Lagardère , après un discours flatteur sur Alain Juppé, se voit offrir
Thomson par l’Etat , puis est défendu par France 2 lorsqu’il est soupçonné
d’affaires douteuses , à l’instar d’autres journalistes qui défendent la cause
de leurs dirigeants .D’autre part , Balladur donna des responsabilités aux
concurrents de Bouygues car TF1 " pesait alors beaucoup plus lourd " en vue de la dernière
élection présidentielle.Finalement, les journalistes ont
pour contrainte d’affirmer ce qui arrange leurs dirigeants ,faute de quoi ils
peuvent être remplacés , comme Christine
Ockrent en 1994 pour avoir
dévoilés des propos de M.
Mitterrand au sujet de M. Chirac .In fine , les informations émises par la presse
aussi bien écrite qu’audiovisuelle peuvent donc être mises en doute.
Chapitre 3 :
Les journalistes entretiennent
des liens ‚étroits avec les hommes politiques alors que, dans le même temps,
ils touchent des salaires astronomiques. Les médias font leur métier avec
oisiveté et souvent sans compétences.Il en découle de nombreux
plagiats, des sujets non traités et des non sujets sur-traités ; si bien que la
programmation est sacrifiée au profit de l'audimat.Les liens étroits avec les hommes
politiques se caractérisent par des questions complaisantes qui ne mettront
jamais l'homme politique en danger.Ainsi, les journalistes forment
ce que l'on appelle la pensée unique : "ce n'est pas la pensée qui est
unique, c'est la réalité qui l'est devenue". Ils ne cessent de montrer
ce qu'ils pensent. Rarement, depuis leur création, les médias n'auront autant
servi de rampe de lancement à l'idée de la pensée unique. Ce journalisme de
marché se caractérise aussi par une omniprésence de certains journalistes qui
couvrent plusieurs émissions à la fois sur différents médias (journaux, radios
et télévisions). Ces journalistes sont sans cesse flattés par des seconds
couteaux de la politique qui veulent s'élever dans la hiérarchie. Les
journalistes ont aussi une manière très différente d'interviewer un homme
politique selon le parti auquel il adhère.Le journalisme de marché est la
cause d'inégalités entre les journalistes : certains payés des salaires de
misère, d'autres à prix d'or.Le dernier exemple flagrant de la
pensée unique constitue le plan JUPPE de l'hiver 1995 : les journalistes se
faisaient les chantres de ce plan allant jusqu'à faire de la propagande mais la
réaction du grand public fut toute autre puisque les contestations entrainèrent
la chute du Premier Ministre.En guise de conclusion, les
journalistes pensent qu'ils relatent avec obstination la réalité mais ils
aimeraient en plus qu'on acclame leur "courage" à faire preuve de
réalisme.
Chapitre 4 :
Lorsque l’on parle de
journalisme français, on en revient toujours aux mêmes trente personnes qui se
partagent le pouvoir de l’information et qui sont passées à travers les
changements politiques. Entre elles il n’y a point de concurrence, seulement de
la complicité par complaisance ou tolérance, des accords tacites. En effet,
elles sont d’accord sur tout et se côtoient tout le temps. " Beaucoup
savent que leur puissance, comme d’ailleurs leur notoriété, n’a pas de
légitimité. Elle n’est due qu’à la fréquence de leurs apparitions ; pas à leur
travail ni à leurs connaissances ni à leur savoir-faire", dixit Philippe MEYER.
Ils travaillent tous les uns pour
les autres et les uns avec les autres. Comme par exemple quand Serge JULY et Christine OCKRENT célèbrent les mérites d’un auteur inconnu
qui n’est autre qu’un journaliste.Ils se fondent dans la tendance
de l’époque afin de conserver leurs privilèges qui leurs sont interdits de
révéler. Parmi eux, on compte la publicité personnelle pour une œuvre écrite ou
filmée, grâce à cette confraternité. C’est le cas de Bernard-Henri LEVY pour ses films Bosna ! et Le
jour et la nuit.Quand ces actes sont dénoncés, ce
ne sont pas les fauteurs mais les dénonciateurs qui sont punis.Dans d’autres cas, c’est le
contraire qui se produit. Certains journalistes se servent de leurs
publications afin de se venger d’un autre journaliste.Dans les émissions, les
commentaires ne sont pas objectifs. Les amis sont toujours bien jugés et les
adversaires automatiquement descendus.
Conclusion
" Des médias de plus
en plus présents, des journalistes de plus en plus dociles, une information de
plus en plus médiocre ". C’est le bilan irréversible du
journalisme français. Seule la vie sociale résiste à l’écran, c’est elle qui
nous informe.
Le journalisme n’est plus qu’une
forme de propagande car les vrais débats y tiennent de moins en moins de place.
La lucidité est devenue la seule forme de résistance.
No comments:
Post a Comment