Mediation Artistique

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Wednesday, 10 December 2014

Image et langage: 

Lecture de l'image
 
L'utilisation de l'expression "lecture de l'image" est chargée de malentendus. Si par "lecture" on entend l'opération qui consiste à s'approprier le contenu d'un objet présenté à notre entendement, alors il existe effectivement des similarités cognitives entre les différentes formes de lecture. En revanche, si par "lecture" on entend que l'image pourrait se lire comme un texte alors l'ambiguïté est totale. 
La lecture d'un texte suppose en effet l'existence d'une langue constituée d'un ensemble de signes arbitraires et de règles de construction partagés par une même communauté linguistique.
 
Le second aspect de cette différence de "lecture" est que dans le cas de l'écrit, le parcours de lecture est porté par le texte lui-même puisque le cheminement est guidé par la syntaxe proposée par l'auteur, même si chaque lecteur conserve toujours la possibilité de "sauter" des mots, des phrases ou des chapitres, tandis que le cheminement de la lecture d'une image est pour l'essentiel produit par le sujet "regardant". Il en va bien sûr tout autrement avec une suite d'image en séquence, qui implique un autre type de langage, que le langage de l'image (on parlera de langage du cinéma).
 
Ce qui nous semble le plus dommageable dans l'utilisation du mot "lecture" est que ce terme sous-entend que seules les analyses de type linguistique seraient en mesure d'être appliquées à l'image. Ce qui a fait dire à certains que "l'impérialisme linguistique" non seulement a contribué au rejet de la confrontation entre langue et communication visuelle mais qu'il a également privé la théorie de l'image d'autres savoirs comme l'optique, la physiologie de la vision, la psychologie de la perception (Edeline Francis et al -1992).


"Lecture de l'image" et perception visuelle
 
Mais on ne peut chercher du sens sur l'absence. Si ce n'était pas le cas, il faudrait supposer que notre regard "balaye" l'image comme le fait le faisceau électronique d'un tube cathodique. Or si notre regard se porte sur tel ou tel élément particulier d'une image, c'est bien parce que nous avons déjà une connaissance globale de l'image et que les recentrements du regard concernent l'affinement, la confirmation, la poursuite consciente de la perception première.
Les études sur les mouvements oculaires et le cheminement du regard devant une photographie, nous montrent que le sujet "accroche" son regard sur certains points qui lui paraissent particulièrement importants (visage, yeux, couleurs,..) sautant ainsi d'un détail à un autre.
 
S'il n'y avait pas, au préalable, une première connaissance de ces points, il n'y aurait, pour le sujet regardant, aucune possibilité de hiérarchiser et d'organiser ce cheminement. C'est bien parce qu'il y a antériorité d'une perception globale que le travail d'approfondissement peut se poursuivre.

Les approches qui assimilent la "lecture de l'image" à celle d'un texte écrit, nous apparaissent donc incomplètes dans la mesure ou elles ne considèrent le phénomène de l'image qu'au-delà de sa perception, sautant ainsi l'étape première, celle qui conduit au regard, et que par ailleurs, elles s'attachent à rechercher le sens uniquement dans la temporalité de ce regard, alors qu'il nous semble au contraire que l'essentiel de l'information visuelle est déjà contenu dans la perception. Ce qui ne signifie nullement qu'il n'existe pas dans l'image des parcours de lecture aménagés par son auteur dans cette intention. 
(voir chapitre sur la sémiologie)

http://www.surlimage.info/ecrits/image.html 

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